Sara Hajji _ Marrakech
Après avoir fait sensation aux Ateliers de l’Atlas du Festival International du Film de Marrakech, où il avait été remarqué pour sa force créative en post-production, le nouveau long-métrage de Hicham Lasri, « Thank You Satan », arrive enfin dans les salles obscures ce 8 avril 2026. Ce film, qui a bénéficié de l’accompagnement prestigieux de la plateforme industrie marrakchie, marque le retour en force d’un cinéaste qui refuse les étiquettes et les sentiers battus.
Dans cette comédie noire située en 1993, Lasri nous plonge dans un récit audacieux où l’opportunisme flirte avec la dérive idéologique. On y suit Serge, un écrivain raté devenu réceptionniste de nuit dans un hôtel parisien, dont la vie bascule lorsqu’il croise un auteur visé par une fatwa. Sous couvert d’une traque financièrement motivée, Lasri dissèque avec une ironie mordante les mécanismes de la radicalisation et de la lâcheté humaine. Porté par un casting international incluant Julie Gayet, Nadia Kounda et Thomas Scimeca, le film réussit le tour de force de traiter d’un sujet brûlant avec une esthétique “punk” et une liberté de ton qui n’appartiennent qu’à son auteur.
Le passage de « Thank You Satan » par les Ateliers de l’Atlas n’était pas anodin : il soulignait déjà l’ambition d’un projet qui, tout en étant profondément ancré dans une réflexion sur l’identité marocaine et ses paradoxes, s’adresse à une audience universelle. En explorant la frontière poreuse entre fiction et réalité, Hicham Lasri ne se contente pas de raconter une histoire ; il livre un cri contre la violence de la pensée unique. Ce film est une preuve supplémentaire que le soutien du Festival de Marrakech aux talents nationaux permet l’éclosion d’œuvres radicales, nécessaires et résolument modernes.